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Agroécologie et Permaculture  

 

 

 

 

Agroécologie et permaculture

Alors que l’homogénéisation des pratiques agricoles en cours depuis la fin de la seconde guerre mondiale est progressivement remise en cause sur des questions d’environnement (pollution des sols, des nappes phréatiques, rejet de gaz à effet de serre à différentes étapes de la chaîne agroalimentaire, érosion de la biodiversité), de sécurité alimentaire et potentiellement de santé (risques encore mal évalués sur la mise en culture d’organismes génétiquement modifiés, impacts supposés de l’utilisation des pesticides par les agriculteurs,..), l’agroécologie et la permaculture apparaissent de plus en plus comme un modèle viable et efficace pour le monde de demain.

La permaculture est une méthode de conception d’écosystèmes humains durables sur le plan environnemental, équitable socialement et viable économiquement. Son premier domaine d’exploration et d’application a été l’agriculture, pour ensuite se diversifier et s’appliquer à l’habitat, la santé, le commerce, l’organisation des groupes humains…

L’Agroécologie, approche globale, est à la fois une éthique de vie et un ensemble de pratiques agricoles. Elle considère le respect de la terre nourricière, des écosystèmes et la souveraineté alimentaire des populations sur leurs territoires comme les bases essentielles à toute société équilibrée et durable. Elle intègre les dimensions économiques, sociales et environnementales de la vie. » Définition du réseau des A.A.E. (Animateurs en AgroEcologie).

L’application de l’éthique et des principes de permaculture conduit à penser une agriculture qui s’inspire des écosystèmes naturels, les imite, reproduisant les interactions que l’on y observe. Ainsi, la main de l’homme accompagne et encourage les processus naturels, dans une logique de production alimentaire saine adaptée à l’environnement local. Un des principes de la permaculture consiste à limiter au maximum les intrants et à tendre vers l’absence de déchets (tout sera utilisé et réutilisé comme dans la nature dans des cycles).

La conception permaculturelle vise à créer des écosystèmes résilients grâce notamment aux interactions mutuellement bénéfiques entre les éléments.
C’est pourquoi l’utilisation du pétrole et de toutes les ressources non renouvelables est réduite à son strict minimum puisque ces ressources ne garantissent pas la durabilité de nos systèmes, en plus d’être néfastes à l’environnement et à l’humain.

L’immense gain productif que nous pouvons observer sur les exemples existants provient de deux facteurs : l’association judicieuse d’espèces vivantes qui permet à chacune de prospérer, et la capacité qu’à l’homme d’effectuer un travail minutieux inaccessible aux machines, notamment en ce qui concerne l’observation du système. Cela conduit à l’optimisation de l’utilisation de l’espace et de toutes les énergies disponibles sur le terrain. Dans un écosystème équilibré, les espèces coopèrent entre elles, et la permaculture valorise au maximum cette propriété. De nombreuses pratiques issues d’un travail de conception permaculturelle (design) permettent d’augmenter très significativement la productivité d’une ferme. À titre d’exemple, et ce dans le cadre d’un design consciencieux et intégral du jardin potager, nous pouvons citer les associations de cultures, les rotations efficientes, la régénération et la fertilisation des sols, la création de boucles fermées pour optimiser les flux de la ferme (ou de boucles ouvertes sur l’environnement proche de la ferme), la prise en compte des successions écologiques, l’utilisation de plantes pérennes, une forte diversification de la production valorisant tous les sous-produits, etc.

La permaculture consiste donc en une réflexion globale qui permet à des écosystèmes, comme une ferme, d’être très efficaces, et les plus autonomes possibles. Le corollaire de ce travail de précision est qu’un agriculteur seul doit concentrer son attention sur des surfaces nécessairement « petites », d’où l’appellation de «micro ferme».